* Portrait d’une enfant déchue (Puzzle of a Downfall Child)
Jerry Schatzberg - 1h34, Etats-Unis, 1970
Avec Faye Dunaway, Barry Primus
Ancienne égérie de la mode, Lou Andreas Sand s’est isolée dans une maison au bord de l’océan où elle tente de vivre autrement, en se consacrant à la poésie et à la sculpture...
Fascinant portrait de femme en forme de puzzle, Portrait d’une enfant déchue est le premier film de Jerry Schatzberg et son premier chef-d’oeuvre. Le réalisateur new-yorkais de Panique à Needle Park et de L’Épouvantail (Palme d’or en 1973) s’inspire ici de la vie tourmentée du top model Ann Saint Marie pour y associer ses souvenirs personnels de photographe de mode à travers une construction narrative morcelée. En filmant la fabrication des images en même temps qu’il montre leur envers, Schatzberg saisit le tournant des années 60-70 avec tout ce que l’époque comporte de fraicheur, d’excitation, mais aussi de vacuité. Faye Dunaway, qui était déjà une icône depuis le succès de Bonnie and Clyde et de L’Affaire Thomas Crown, trouve ici l’un de ses rôles les plus marquants : en incarnant une cover-girl déchue à deux âges de son existence, elle mêle à la sophistication une fragilité bouleversante. Resté invisible depuis longtemps, Portrait d’une enfant déchue est, au-delà de son audace artistique, une sublime tragédie de la perdition.
- Jeudi 9 février à 21h
- Samedi 11 février à 14h30
- Lundi 13 février à 18h30
* Le Démon des femmes (The Legend of Lylah Clare)
Robert Aldrich - 2h10, Etats-Unis, 1968
Avec Kim Novak, Peter Finch, Ernest Borgnine
Le Démon des femmes est une fiction sur Hollywood et sa capacité à se nourrir de ses propres mythologies : le producteur avide, le démiurge sadique, la jeune actrice vampirisée…
A cause de sa ressemblance avec la star Lylah Clare, morte dans des circonstances étranges, Elsa Brinkman, une aspirante comédienne, obtient le rôle de l’actrice dans une biographie filmée dont le metteur en scène n’est autre que le Pygmalion et l’amant de Lylah. Il va se comporter avec Elsa de la même façon qu’avec la star défunte, tandis que la jeune femme se trouve littéralement possédée par l’esprit de celle qu’elle incarne devant et derrière la caméra.
On aura reconnu dans cette trame vertigineuse un remake de Sueurs froides dans les coulisses du cinéma. Si le film d’Hitchcock parlait déjà de mise en scène et d’amour morbide, celui d’Aldrich y ajoute une trivialité et une perversité beaucoup plus explicites. [...] Le Démon des femmes est l’œuvre la plus dérangeante d’Aldrich et se hisse au rang des quelques films monstres de l’histoire du cinéma. Olivier Père, Les Inrockuptibles
- Jeudi 9 février à 18h30àm
- Dimanche 12 février à 20h
* La Comtesse aux pieds nus (The Barefoot Contessa)
Joseph L. Mankiewicz - 2h08, Etats-Unis, 1954
Avec Ava Gardner, Humphrey Bogart
A l'enterrement de Maria Vargas, sous la pluie, Harry Dawes se souvient de cette danseuse rencontrée un soir dans un cabaret de Madrid avant qu’elle ne devienne une star hollywoodienne adulée...
Le regard mordant que porte Mankiewicz sur le monde du cinéma et sur une certaine aristocratie n’a rien perdu de son actualité. D'autre part, la magie qui se dégage de son oeuvre, cette ambiance à la limite du conte de fées, semble inaltérable. Ava Gardner resplendit et Humphrey Bogart, tout en retenue, dégage une force rare. La construction du film est superbe, sorte d'enquête qui n'est pas sans rappeler Citizen Kane. C'est l'un des films les plus aboutis, les plus parfaits de Mankiewicz. La Comtesse aux pieds nus est un film qui mérite bien son aura ; il est à classer parmi les plus grands films de toute l'histoire du cinéma. L’oeil sur l’écran
- Jeudi 16 février à 18h30
- Vendredi 17 février à 18h30
- Dimanche 19 février à 20h
* Eve (All About Eve)
Joseph L. Mankiewicz - 2h10, Etats-Unis, 1950
Avec Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders
Jeune comédienne de théâtre, Eve Harrington reçoit le Prix Sarah Siddons. L'entourage de celle-ci se souvient de son ascension vertigineuse.
Toute la force de Mankiewicz est là : dans une maîtrise totale de la mise en scène, dans des dialogues incisifs, dans cet art du retour en arrière. Il y a cette séquence magistrale où Eve raconte son enfance et son histoire. Le flashback n’apparaît pas à l’écran, mais il est déjà dans nos têtes. Entrelacement des récits, multiplicité des points de vue des personnages… Dans Eve, tout se mélange sans jamais se confondre. Véritable sommet dans la carrière de Mankiewicz, le film rapportera six Oscars, un Grand Prix du jury et le Prix d’interprétation féminine pour Bette Davis à Cannes. Kub3
- Mercredi 15 février à 18h30
- Jeudi 16 février à 21h
- Samedi 18 février à 18h30
Du Jeu 09/02/12 au Sam 18/02/12
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Besançon :
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