ZOOM
* Tahrir, Place de la Libération
Stefano Savona - 1h30, France/Italie, 2011
Hypnotisé par la chronique en ligne des premières journées de la Révolution avec ses vidéos fragmentaires et à basse résolution - j’ai décidé de partir pour voir de près qui étaient les milliers de personnes qui occupaient la Place Tahrir et qui, pour la première fois en trente ans, défiaient l’état d’urgence et les interdits du régime. Je voulais comprendre ce qu’ils voulaient exactement, quelles étaient leurs orientations politiques et leurs références symboliques, comment ils imaginaient leur futur. Sur la Place Tahrir, toute la société égyptienne était représentée ; c’était une occasion unique pour filmer des gens de toute provenance et de tout milieu, réunis ensemble pour la première fois dans le but d’abattre la dictature, barricadés à l’intérieur d’une énorme place où les policiers et les mercenaires du régime n’ont pas pu pénétrer pendant deux semaines.
Stefano Savona
Si nous avons en général des archives filmées ou des enregistrements vidéos des grands événements du siècle, bien peu d’œuvres de cinéma sont élaborées dans le temps même de leur survenue. C’est là qu’il faut mesurer l’importance du geste de Stefano Savona. Jean-Michel Frodon
- Samedi 11 février à 16h30
- Lundi 13 février à 21h
- Samedi 18 février à 14h30
* Sur la Planche
Leïla Kilani - 1h30, Maroc, 2011
Avec Soufia Issami, Mouna Bahmad, Nouzha Akel
Tanger. Aujourd’hui, quatre jeunes femmes de vingt ans travaillent pour survivre le jour et vivent la nuit. Elles sont ouvrières réparties en deux castes : les textiles et les crevettes. Leur obsession : bouger...
C’est le film dont on rêve : surgi de nulle part, tout en tension, capable d’imposer sa règle du jeu et de nous y plier. Kilani cadre serré sur son héroïne, comme si elle avait peur que cette petite actrice, trouvée dans la rue, lui échappe au moment de la filmer. Ce petit bloc de réalité immédiate et indomptable s’exprime comme personne : «Je ne vole pas, je me rembourse. Je ne cambriole pas, je récupère. Je ne trafique pas, je commerce. Je ne me prostitue pas, je m’invite. Je suis déjà ce que je serai. Je suis juste en avance sur la vérité, la mienne.» Un uppercut par phrase. Et frappe, et frappe. Derrière elle, un monde flou, insaisissable. Tanger en sera quitte pour sa carte postale. Et s’invente sous nos yeux un drôle de combat : la résistance de la filmeuse contre la résistance que Badia oppose à toute chose en ce bas monde. Le portrait de cette fille va nous hanter longtemps.
Philippe Azoury, Libération
- Samedi 11 février à 18h30
- Mercredi 15 février à 21h
- Samedi 18 février à 16h30
Du Sam 11/02/12 au Sam 18/02/12
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Besançon :
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