La femme aux bras poissons

La femme aux bras poissons
Du Jeudi 17/09/2026 au Dimanche 03/01/2027
Avec des œuvres de Pauline Barzilaï, Marie Bette, Rose-Mahé Cabel, Nicole Claveloux, Joris Creuze, Pauline Curnier-Jardin, ludovic hadjeras, Jenna Kaës, Clovis Maillet, Nitsa Meletopoulos, Hatice Pinarbaşi, Eva Pelzer, Théophile Péris et Birgit Rathsmann.

À Montbéliard, lorsque l’on monte sur l’éperon rocheux qui mène au château, on est accueilli par un blason qui habille le portail d’entrée. Au sommet de ce blason on remarque un cimier qui représente une figure féminine couronnée dont les bras sont remplacés par des poissons. Rare dans l’héraldique, cette représentation s’inscrit dans une famille plus vaste de bustes féminins parfois sans bras ou dont ces derniers sont remplacés par différents types d’appendices. Ici, les poissons sont deux bars renversés et affrontés d’or qui se réfèrent à un jeu de mots pour désigner les armes des comtes de Montbéliard, issus des comtes de Bar depuis 1038.

Les hybridations femmes-poissons en particulier irriguent depuis l’Antiquité les observations des plus fins naturalistes comme le répertoire des images que les artistes et les poètes aiment à convoquer. Au sein des récits folkloriques, les contes avec des corps modifiés dans et par la rivière sont nombreux. En Franche-Comté, une figure contemporaine à ce cimier est la Vouivre : tour à tour femme-serpent, femme-poisson ou serpent ailé, elle entretient comme Mélusine un rapport à la rivière et aux marais, milieu qui provoque sa métamorphose. À Montbéliard, elle garde un trésor, un rubis, qu’elle porte parfois sur le front. Les représentations féminines hybridées avec les poissons ou les reptiles ont été communément associées dans l’imaginaire collectif à l’expression de l’impur, du monstrueux, voire de l’abomination; Les femmes alliées à (et de) ces animaux ont fait l’objet d’exclusions ou de discriminations en lien avec leur supposée sexualité débridée, leur potentielle cupidité et leurs éventuelles mœurs immorales.

C’est ce paradoxe d’interprétations entre fascination et rejet, mépris et désir, de figures pourtant proches dans leur forme, qui a inspiré cette exposition collective qui se propose d’explorer les mystères de La Femme aux bras poissons à travers les œuvres de quatorze artistes contemporain·es et des objets patrimoniaux. En prenant comme point de départ une observation de la notion d’hybridité à travers des problématiques actuelles, cette figure constitue le point d’ancrage d’une réflexion philosophique, esthétique et politique. Loin de prétendre produire un savoir scientifique, l’exposition fonctionne comme un dispositif de pensée permettant d’explorer de nouvelles formes d’appropriation du patrimoine et d’ouvrir des imaginaires alternatifs à même de produire des modes d’existence adaptés à multiplicité des êtres vivants.

> Preview & Rencontre-déjeuner
Avec Adeline Lepine, curatrice de l'exposition.
Découvrez l'exposition en avant-première lors d'une pause déjeuner. Un format convivial réservé aux membres du 19 Club et aux partenaires.
- Jeudi 17 septembre de 12h30 à 13h30.
- Repas tiré du sac, boissons et desserts offerts.

> Vernissage
Avec une performance-lecture Toutes nos larmes par Clovis Maillet, en collaboration avec Les Ouvertures Musicales de MA Scène nationale.
- Vendredi 18 septembre à partir de 18h30.
- Entrée libre pour tous•tes.
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